Le sommeil du nouveau-né est morcelé, irrégulier et tout à fait normal. Un tout-petit dort beaucoup, mais par courtes périodes, de jour comme de nuit. Les premières semaines, l’objectif n’est pas de lui faire faire ses nuits, mais de lui offrir un environnement de sommeil sécuritaire et de préserver votre propre repos autant que possible.

Voici des repères simples pour mieux comprendre son rythme : comment coucher bébé en sécurité, à quoi vous attendre réellement et comment traverser cette période avec plus de douceur.

À quoi ressemble vraiment le sommeil d’un nouveau-né

Dans les premières semaines, bébé dort une grande partie de la journée, souvent par tranches de deux à quatre heures. Son horloge interne n’est pas encore bien installée : la distinction entre le jour et la nuit se construit progressivement. Les réveils fréquents, y compris la nuit, sont normaux et souvent nécessaires, notamment pour s’alimenter.

Comprendre cela change beaucoup de choses : vous n’avez pas un problème à corriger. Votre bébé suit son rythme physiologique, et votre rôle est surtout de l’accompagner, de répondre à ses besoins et de protéger votre propre énergie en dormant quand il dort Règle d’or à respecter!

Quelques statistiques pour garder patience 

–        Les bébés ont tendance à se réveiller plus souvent que les adultes car leur cycle moyen de sommeil n’est que de 50mn contre 90 mn pour l’adulte

–        Les troubles du sommeil persistants ou récurrents sont très courants chez les enfants en bas âge

–        Au Québec, 25% des enfants âgés de moins de cinq ans souffrent d’un trouble du sommeil 

–        Près de 20 % des parents affirment que leur enfant pleurait inconsidérément et était irritable au cours des trois premiers mois de sa vie.

N’oublions pas que le passage de la naissance est une sorte de choc car l’enfant passe d’un environnement connu à un monde totalement différent dont il ne connaît pas le fonctionnement, et où il n’a aucun repère.

Il est bon de se rappeler que le nouveau-né est doté d’un univers psychoaffectif plus complexe que celui d’un animal! Par milles indices, le nourrisson et le jeune enfant est informé, dans le contact, de la qualité d’engagement affectif de ses parents. S’il se sent dans un sentiment d’insécurité il va naturellement développer une hypervigilance anxieuse.

Alors il est tout à fait normal que le nouveau-né, jeune enfant trouve de la difficulté à s’endormir paisiblement.

Il a besoin d’avoir le même environnement qu’intra utérus pendant 3 mois afin d’achever son cerveau et se sentir plus à l’aise dans ce monde extérieur. Cela demande certes une grande adaptation de la part des parents.

Des gestes simples pour favoriser le sommeil

  • Aider bébé à distinguer le jour et la nuit : lumière et vie normale le jour, pénombre et calme la nuit.
  • Repérer les signes de fatigue : bâillements, regard qui se détourne, agitation, frottements.
  • Coucher bébé avant la surfatigue lorsque c’est possible.
  • Créer un petit rituel d’apaisement : peau à peau, bercement doux, voix, chant ou portage.
  • Si vous emmaillotez, le faire de façon sécuritaire, en laissant les hanches libres, et cesser dès que bébé tente de se retourner.

Ces repères valent mieux qu’une méthode rigide. Chaque bébé est différent. Le vôtre vous montrera peu à peu ce qui l’apaise.

Apaiser son cerveau au moment du coucher :

Règle numéro un est de calmer son état d’hyperéveil, en activant la sécrétion d’ocytocine, aux vertus apaisantes, et de mélatonine, l’hormone responsable du sommeil. 

La meilleure façon d’y parvenir est d’instaurer un rituel favorisant la sécrétion de substance apaisantes. Si cela marche une fois, il y a des chances que cela ait le même effet les autres fois.

N’oubliez pas qu’un bébé chargé émotionnellement (car il a vécu des expériences traumatisantes ou stressantes durant la grossesse et la naissance) aura besoin d’être avant tout libéré par une écoute en sécurité (c’est-à-dire dans les bras) Voir l’article sur les pleurs émotionnels.

Ainsi il sera apaisé de ce côté, le système nerveux détendu et le rituel va permettre de calmer l’hyperactivité. Le but du rituel dans un état harmonieux et calme permet à l’enfant de passer du système sympathique au parasympathique. 

Noter qu’il sera impossible d’apaiser un enfant si le taux d’hormones réactives au stress est fortement élevé dans votre propre cerveau.

Le ton de la voix est essentiel pour détendre un enfant, et il ressentira si vous êtes tendu, énervé ou en colère.

Le stress ou la colère du parent déclenchent presque automatiquement les systèmes d’alarme du cerveau de l’enfant, qui fait en sorte que l’enfant se sent bien trop en danger pour s’endormir.

Prendre soin de vous aussi

Le sommeil du nouveau-né, c’est aussi le vôtre. L’épuisement des premières semaines est réel. Dormez quand bébé dort si vous le pouvez, même le jour. Partagez les levées nocturnes lorsque c’est possible. Acceptez l’aide pour les repas, les tâches ou les moments où vous avez simplement besoin de souffler.

Un accompagnement postnatal à domicile peut faire une vraie différence pour retrouver des repères. Les nuits agitées vont aussi souvent de pair avec les pleurs : pour aller plus loin, voyez comment comprendre les pleurs de votre bébé.

Plusieurs parents gagnent à anticiper cette période dès la grossesse, par exemple avec des cours prénataux ou un accompagnement à la naissance qui aborde aussi les premières semaines à la maison.

Quand demander de l’aide

Faites confiance à votre instinct. Consultez votre médecin, votre sage-femme ou Info-Santé au 811 si bébé est très difficile à réveiller, s’alimente mal, ne prend pas de poids, respire difficilement, fait de la fièvre ou semble inconsolable malgré vos soins.

Et si l’épuisement, l’anxiété ou le découragement s’installe pour vous, parlez-en. Ce n’est pas un échec : c’est un signal. Pour un soutien personnalisé, vous pouvez prendre rendez-vous avec Justine.

Le sommeil du nouveau-né en toute quiétude 

Le sommeil du nouveau-né n’est pas un problème à régler, mais une étape à accompagner. En misant sur un couchage sécuritaire, des attentes réalistes et de petits rituels d’apaisement, vous offrez à votre bébé, et à vous-même, un cadre plus serein. Soyez patient et indulgent : le rythme s’installera progressivement.

Questions fréquentes

Combien d’heures dort un nouveau-né ?

Un nouveau-né dort beaucoup, mais par courtes périodes réparties entre le jour et la nuit. Il n’y a pas encore de rythme régulier les premières semaines, et c’est normal.

Mon bébé se réveille souvent la nuit, est-ce normal ?

Oui. Les réveils nocturnes fréquents sont normaux et souvent nécessaires, surtout pour s’alimenter. Ils diminuent progressivement avec la maturation de bébé.

Puis-je dormir avec mon bébé pour faciliter l’allaitement ?

Les recommandations canadiennes privilégient le partage de la chambre, mais pas le partage de la même surface de sommeil. Garder une couchette ou un moïse près du lit facilite les soins de nuit tout en réduisant les risques.Toutefois, une étude de près de 800 heures de séquences vidéo a révélé que même endormies, les mères semblent parfaitement conscientes de la présence de leur bébé. Vous sentirez ce qui est le plus juste pour vous et votre bébé. Informez vous sur les points de vigilance pour faire du cododo.

Quand bébé va-t-il faire ses nuits ?

Cela varie beaucoup d’un bébé à l’autre. Les premières semaines, mieux vaut ne pas viser cet objectif. Le rythme s’installe généralement de façon progressive au fil des mois. Cela dépend aussi de son sentiment de sécurité affective intérieure. L’haptonomie postnatal sera un soutien important 

Sources utiles

Société canadienne de pédiatrie – Dormir en toute sécurité

Santé Canada – Conseils pour un sommeil sécuritaire

Livre : La science au service des parents – Margot Sunderland